Poésie

Claire Le Cam 

D’un jour à un autre je vivrais autre

Editions Isabelle Sauvage, coll. « présent (im)parfait »

32 pages, 8 €

9782917751114

 

« Vous sentez cette réalité si différente de celle dans laquelle vous êtes. Alors prêtez-vous au jeu et imaginez. Imaginer un jour. » Claire Le Cam dresse une invite au voyage, non de rêve mais du fantasme. Les jours s’égrènent – un peu comme lors d’un programme de tour operator – et se décrit, s’écrit, se dit le tout quotidien, le plus ou moins admis, toléré, l’intime, le « limite » sans limites. Ce sont de petits tableaux d’un jour qui actent ces petites choses que l’on tait.

Marie-Hélène

Brigitte Mouchel

Evénements du paysage

Editions Isabelle Sauvage, coll. « Présent (im)parfait »

88 pages, 13

9782917751107

 

 

Les éditions Isabelle Sauvage, qui poursuivent leur formidable travail de défricheurs d’auteurs en poésie contemporaine, ont eu la riche idée de réunir en un recueil les textes de l’écrivaine-plasticienne Brigitte Mouchel, auparavant publiés en auto-édition dans des petits livres d’artiste restés confidentiels.

Si, de prime abord, ces petites formes poétiques – 15 « tableaux » – peuvent sembler indépendantes les unes des autres, il s’en dégage une langue commune et singulière, comme autant de mouvements d’une même partition.

Avec une apparente simplicité de moyens, et sa façon d’« aller de côté et d’autre en parlant des choses » (pour reprendre le très beau titre de l’un de ses textes), Brigitte Mouchel applique, répétition après répétition, ressassement après ressassement, réminiscences après réminiscences, les couches successives de ces Evénements du paysage, sculptant, dans les plis et les replis des mots, visages, souvenirs, secrets, lambeaux de vie.

Il en est des mots de Brigitte Mouchel comme du ressac, toujours recommencé, jamais semblable… Ils débusquent, grâce à de légères distorsions, un décalage du sens, des événements oubliés, des images enfouies.

Ici, « les mots sont une peine et du temps ». Là, « les visages sont des paysages qui les racontent », « des paysages colorés qui disent en douce ».

Ici, un « enfant troué par l’absence de dire ». Là, « une mère de paroles silencieuses » qui « déchire des paroles de tissu ».

Partout, des fenêtres, « sans rideau », s’ouvrent sur « un trou noir » et l’ « odeur âcre d’une nuit noire sans vent », une « odeur d’automne ».

Alors, de ce bégaiement sensible et limpide, qui dit l’« attente métallique d’un train encore à prendre », nos errances, nos guerres quotidiennes et nos peaux parcheminées d’éléphant, émerge un espoir : « Nous serons élégants de désir » !

 

Sarah Clément